On suppose que la tour carrée, de l'aspect d'un donjon féodal, haute de 4 niveaux a été construite par les comtes de Habsbourg qui possédaient au XIVè siècle un fief dans le comté de Blâmont, pour y établir un prévôt.
On sait que la tour était utilisée pour le faire le guet lorsque Frémonville appartenait à la seigneurerie de Blâmont, branche des Salm. Les epaisses murailles ont été éventrées et garnies de fenêtres tantôt ogivales, tantôt carrées.
Entre deux fenêtres remaniées au XVIIIème siècle, se situe la porte gothique autrefois armoriée. Au second étage, deux fenêtres à meneau sont séparées par un oriel, sorte de guérite en saillie, ajouté après coup et éclairé par deux baies gothiques jumelées.
La Tour de Frémonville attestait dans le village l'autorité des seigneurs de Blâmont. Elle passa de mains en mains.
En 1565, Christine du Danemark, duchesse douairière de Lorraine la donna à Melchior-Henri, son conseiller. Elle appartint ensuite à Pompeo Gallo, chambellan du Duc Charles III .
En 1601 , Octavian de Lampougnan, d'origine italienne, conseiller d' Etat du Duc, reprit la tour et les terres de la seigneurie de Frémonville.
Le chateau fut ensuite habité par la famille de Pindray pendant 150 ans; cette famille noble, originaire du Périgord et du Poitou, connue dès le XIVème siècle , s'est établie en Lorraine par l'alliance d'un de ses membres, Bernard de Pindray, seigneur de Suldrie (Saudrille), capitaine au régiment de Thoiré pour le service de France , avec Catherine d Anglure (d 'Onglure de Boulémont), en 1641 dont il eut plusieurs enfants, dont Georges-Louis.
En 1676 , Anne Françoise de Lampougnan(Lampoignant), ayant épousé Georges-Louis de Pindray, lui apporta en dot le fief appelé la Tour-de-Fremonville et ses dépendances.
Celle-ci est morte en 1697 sans lui avoir donné d'enfant.
Il se remaria en 1697 à Frémonville à Anne- Henriette de Bannerot (1679-1735) dont il eut 4 enfants:
- Gabrielle-Christine, morte à 2 mois,
- Mathias baptisé en 1700,
- Anne Henriette née en 1704 mariée à Nicolas-Adrian comte de Nettancourt, morte en 1784 à Blâmont,
- René-François, comte de Pindray, né en 1698
Celui-ci reçut, moyennant 700 livres de cens annuel, au nom du duc de Lorraine, les droits de haute, moyenne et basse justice à Frémonville, Remoncourt, Les Breuils, Jambrot et Gondrexon, prévôté de Blâmont.
Il obtint en 1733 le titre de comte pour lui et ses descendants. Mais la branche s'est éteinte, lorqu'il mourut en 1785 à l'âge de 87 ans en n'ayant laissé que 4 filles :
- Madeleine-Elisabeth de Pindray qui ne se maria pas,
-Charlotte épousa Jean-Baptiste-Xavier des Fages de Rochemure (Rochemont), capitaine au régiment d Aauvergne, en garnison à Phalsbourg, originaire du Vivarais et plus jeune qu'elle de 17 ans; celui-ci ayant été mis sur la liste des émigrés, elle requis le divorce; c'était sans doute pour sauver ses biens, car ils vivaient toujours ensemble à Blâmont , lorqu'elle mourut sans postérité, en 1807
- Marie-Catherine qui adopta les idées révolutionnaires et deshonora sa famille , a épousé en 1794 , à l'âge de 55 ans J.B Uriot (Viriot), 53 ans, nommé à la cure de Frémonville et alors curé constitutionnel de ce lieu ; celui-ci étant mort, elle se remaria à un médecin qui, dit-on , la fit mourir pour jouir plus tôt de la fortune qu'elle lui avait léguée et qui comprenait la Tour où elle habitait, ainsi que le bois du Prévôt, appelé alors, comme il l'est toujours "le Bois de La Dame"
- Marie-thérèse-Marguerite épousa le baron Antoine-Joseph de Sailly, capitaine des grenadiers au régiment de Fère infanterie et Chevalier de Saint-Louis dont elle n'eut pas d'enfants; elle mourut le 24 avril 1816 à Blâmont, léguant à l'hopital de cette ville des biens considérables .
Par la mort du dernier descendant mâle de cette branche , le titre de comte passa à la branche de Saintonge et la Tour de Frémonville connut d' autres propriétaires .



